Dialoguer pour agir,  Séminaires et Conférences

La grande mission des parents : accompagner au mieux ses enfants

 Intervention auprès de parents à l’église d’Angers :
« La grande mission des parents : accompagner au mieux ses enfants »

Dans cet article, vous trouverez les points essentiels abordés lors d’une intervention auprès de parents. Vous retrouverez quelques notions plus détaillées dans les articles de la rubrique  « Mieux se comprendre »

Introduction

Voici trois versets de la Bible:

«Et vous pères, n’irritez  pas vos enfants, mais élevez-les en les corrigeant et en les instruisant selon le Seigneur. » Éphésiens 6 v.4 

« …Et ces commandements que je te donne aujourd’hui, seront dans ton cœur. Tu les inculqueras à tes enfants, tu en parlera quand tu seras dans ta maison, etc. » Deutéronome 6 v.5-7

« C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, s’attachera à sa femme et ils deviendront une chair. » Genèse 2 v.24

La grande mission des parents :
Accompagner leurs enfants en les instruisant au mieux pour qu’ils deviennent des adultes autonomes capables à leur tour de fonder leur propre foyer. Il s’agit de leur laisser un bagage moral, psychologique, spirituel, intellectuel, etc.

Voyons, de plus près, chaque étape.

 1. Enfant- Ado –Adulte


A L’enfant absorbe tout

Tranche d’âge : bébé-10 ans

=> Découverte du monde, l’autre
Le bébé met tout à la bouche pour découvrir les choses qui l’entoure

Vers 2 ans l‘enfant commence à attribuer les choses : c’est à papa, c’est à maman, c’est à « il se nomme » il commence donc à considérer l’autre.

Besoins : une bâtisse solide pour affronter le monde

Qu’Est-ce qu’un enfant dessine le plus souvent ? Une maison et chaque membre de la famille se tenant par la main. Cette maison est le CADRE dont l’enfant a besoin pour se construire.

Etre un Parents-Cadre : qui sait allier Amour et Autorité

Amour/Valorisation
Autorité/Limites
Il va falloir pour ce faire l’Unité dans le couple

Parents « aimez-moi »

Il ne remet pas en cause ses parents et l’éducation reçue, il accepte tout en enclenchant des stratégies comme le recours à l’imaginaire, le repli sur soi, l’agitation pour faire face aux failles parentales.

Fonctionnement Egocentrique: Il est au cœur de tout. Ce n’est d’ailleurs qu’en grandissant que le bébé se différencie des objets qui lui sont extérieurs. (il n’est pas égoïste, c’est différent)

Communique mais dans son langage et dans un mode particulier, l’adulte n’a pas forcement le temps et la patience pour l’écouter.

Acceptation des choses de Dieu facilement

 B L’ado se révolte de tout

Françoise Dolto :
La théorie du homard : « L’enfant se défait de sa carapace, soudainement étroite, pour en acquérir une autre. Entre les deux, il est vulnérable, agressif ou replié sur lui-même et ce qui va apparaître est le produit de ce qui a été semé chez l’enfant. »

Winnicott : Ecrit : « l’Adolescence », les ados ne souhaitent pas qu’on leur parle de l’adolescence et ils ne souhaitent pas vraiment être compris.

Tranche d’âge : 11-18 ans

Les Trois Axes de l’adolescence :

Transformations Physiologiques et physiques

  • Puberté : apparition des caractères secondaires, le corps change et se rapproche d’un corps d’adulte, cala peut provoquer un mal-être car trop grand décalage entre corps et mentalité. « La sexualité apparaît avant l’aptitude à l’assumer » Winnicott

Transformations Psychiques et psychologiques

    • Processus d’individuation (Psychiatre Jung) : Processus de création et de distinction de l’individu. Au niveau inconscient : se libérer des parents, devenir autonome. Rejet de leur autorité, valeurs etc.
    • Développe une vie émotionnelle privée: les sentiments apparaissent de plus en plus, la solitude, la popularité, l’amour. L’ado va cacher plus de choses à ses parents.
  • En quête d’identité : Se recherche en se démarquant des ses parents mais en se rapprochant de pairs, il a besoin du groupe pour exister, pour se valoriser.

Transformations Sociétales et relationnelles

  • Responsabilité et orientation professionnelle : les ados ont de plus en plus de responsabilités, à la maison, au collège, on leur demande de faire des choix cruciaux pour leur avenir. Il est bien de responsabiliser l’enfant à la maison à son niveau pour éviter de charger du jour au lendemain, l’ado de responsabilité qu’il n’avait pas du tout avant (tâches ménagères). Il faut beaucoup accompagner son ado au niveau scolaire, l’aider à se documenter, l’éveiller sur des métiers pour éviter qu’il ne se sente perdu en 4e-3e car le choix d’orientation est très difficile pour les ados. L’ado est pris par tellement de questionnement qui touche à son être qu’il ne peut pas se focaliser sur l’avenir.

Besoins : Attention/valorisation

Etre un Parent-Ami : donner la possibilité à l’ado de se confier, de dire ce qui le tracasse. C’est souvent difficile chez les chrétiens car il y a des sujets tabou comme la sexualisation du corps, les débuts des amourettes… comme on ne sait pas comment répondre on préfère éviter le sujets voire le rendre mauvais. Ainsi l’ado se retrouve coincer entre sa réalité et les principes familiaux. Cela creuse davantage les relations et l’ado se tourne vers l’extérieur.

« Le rôle des parents est de faire face à l’adolescence et non d’y trouver des remèdes » « Le seul remède à l’adolescence c’est le temps » Winnicott

 C Le jeune adulte en subit les conséquences

 Tranche d’âge : 19-25 ans

Il est caractérisé par les responsabilités de la vie, confronté au fait qu’il doit construire son avenir, commence à réaliser qu’il a perdu du temps ou non, assuré son avenir ou non. Il va commencer à réaliser que ses parents étaient là pour l’aider et non pour l’embêter.

Cette période de vie dépend énormément des deux autres. Elle en est le fruit. Mais elle peut être un temps de rebondissement dans la vie d’un jeune. Tout d’un coup celui-ci acquiert plus de sagesse plus de maturité et « prend sa vie en main ». Parfois il se produit une vraie rencontre avec Dieu qui vient tout bouleverser. Parfois c’est le fait de voir ses camarades avancer dans la vie active qui permet ce changement.

Besoins : d’un guide

Etre un Parent-Conseillé : Etre à l’écoute pour parler non plus à un enfant mais à un adulte. Le guider dans sa voie professionnelle et amoureuse sans tout diriger. L’aider dans sa marche spirituelle.

Ça va être le temps de discuter des difficultés parentales ou familiales, de mettre à plat quelques situations ou épisodes passés car le jeune est en mesure de comprendre maintenant et va pouvoir se libérer d’un poids face à certaines incompréhension.

Il va verbaliser ce qu’autrefois il ne pouvait pas verbaliser, il va demander des comptes à ses parents et ces derniers devront lui répondre au mieux pour son avancement et le leur aussi car ils pourront aussi se libérer des non-dits et des secrets.

2.  Amour-Communication-blessures

 

Dès le début de sa conception, nous établissons des liens avec notre enfant. Ce lien se caractérise par l’amour de l’un pour l’autre. Mais bien souvent nous oublions que cet amour doit se communiquer!
Et le premier à communiquer son amour c’est le parent, dès la naissance de son enfant. Et toute la relation va se jouer sur cette manifestation d’amour. Quand parent et enfant communiquent, sont en relation, l’amour  ou le manque d’amour (le manque de manifestation d’amour) est communiqué aussi, ce qui altère la relation et laisse de blessures affectives.

A L’amour se manifeste :

L’enfant va ressentir l’amour de ses parents selon différents pôles, par ce que j’appelle les 3 A de l’Amour :

  1. Par de l’AFFECTION :

Ce premier pôle correspond à toute la tendresse que le parent va pouvoir manifester à son enfant.

Sur le plan verbal : l’affection peut se manifester par des paroles douces, dans lesquelles on y ajoute les surnoms affectifs tels que « mon cœur, mon petit chéri » etc.

Sur le plan non verbal : Il s’agit ici des câlins, des gestes tendres qu’on va avoir vis-à-vis de son enfant.

L’enfant acquiert de la PUDEUR en grandissant, il faut en tenir compte : plus de câlins devant es autres, plus de « mon bébé », il ferme la porte quand il se lave, etc. Elle le protège…

L’affection est la première chose que l’enfant va ressentir et surtout comprendre très tôt. D’ailleurs depuis qu’il est bébé il est attentif aux caresses, à la façon dont on le porte dont on lui prodigue les soins nécessaires. (Le holding et le handling de Winnicott)

2. Par de l’ATTENTION :

Ce deuxième pôle correspond à l’intérêt du parent porté à l’égard de l’enfant. En effet, l’enfant se sent aimé lorsqu’il sent que ses parents s’intéressent à lui. On peut souligner de suite que rares sont les parents qui ne portent pas attention à leurs enfants. En fait ce qui se joue le plus souvent c’est le domaine d’attention. L’enfant va être attentif à l’intérêt porté pour certains domaines principaux, qui parfois échappent aux parents pour différentes raisons : ses productions (dessins, fabrications…), ses jeux, son sport, son quotidien (ce qui se passe à l’école), sa scolarité (ses difficultés et surtout ses réussites)

Cette attention s’accompagne de paroles d’encouragement, de réconfort et de valorisation. Elles appuient l’intérêt du parent aux yeux de l’enfant. Mettre en avant l’aspect positif de chaque domaine aide davantage l’enfant à corriger les aspects négatifs. Par exemple mettre l’accent sur ses réussites scolaires l’aidera à travailler encore plus pour s’améliorer là où il a des difficultés.

L’attention requiert du temps pour observer, écouter son enfant, mais aussi pour partager un moment avec lui, et c’est ce moment de partage qui va être ressenti comme de l’amour. Or, souvent le temps est compté dans le monde des adultes. Tout est chronométré à la seconde près et il y a très peu de place pour un éventuel arrêt imprévu.

Ce que je conseille c’est de toujours avoir un bon quart d’heure en avance sur le programme pour avoir ce temps de partage et d’écoute avec votre enfant, car bien souvent ce n’est qu’à cause des programmes chargés que les enfants ne ressentent pas l’attention de leurs parents. Or l’enfant dira : « Mes parents ne m’aiment pas car ils ne s’intéressent pas à moi, ils n’ont jamais le temps pour moi…»

3. Par une ASCENSION :

L’enfant doit se sentir poussé vers le haut par ses parents. Il cherchera toujours auprès d’eux une sorte de valorisation qui se rapprocherait même d’une sorte d’approbation nécessaire à son développement.

L’enfant se sent valorisé par des paroles qui mettent en avant ce qu’il fait, ce à quoi il s’intéresse. Ces paroles valorisantes encouragent l’enfant et l’aide à renforcer son estime de soi. La valorisation passe aussi par des actes. Tout ce que le parent va mettre en œuvre pour accompagner l’enfant sera source de valorisation. On le voit bien notamment lorsque l’enfant fait du sport, la présence des parents à ses matchs ou représentation est très importante. Même lorsque l’enfant insiste pour que le parent l’aide dans une matière qu’il aime et maitrise pourtant très bien. Il a besoin de sentir que les parents sont fiers de lui.

Intérêt général des enfants : devenir un adulte autonome dans la société actuelle. En effet, si chaque enfant est différent, ils ont néanmoins un intérêt commun : devenir adulte. Les parents doivent avoir constamment ce besoin en tête car ce n’est pas l’enfant, cette fois-ci, qui pourras lui dire, il n’en a pas encore conscience. Cet intérêt général pourra être le garde-fou des actes des parents. Je m’explique : la question qui va revenir souvent sera : « Est-ce que mon amour ou mon comportement envers mon enfant lui permettent de s’épanouir, d’évoluer, d’acquérir de l’autonomie, de se socialiser etc. ? »

B Instruction et Réprimande

Instruire dans l’amour:
– avec douceur,
– dès bébé,
– avec une cohérence intra et interpersonnelle,
– on va poser des limites et des interdits qui vont provoquer de la frustration, nécessaire au développement de l’enfant.

Réprimander dans l’amour :
– avec tendresse (pas toujours crier),
– avec un intérêt pour l’enfant (pas selon notre humeur),
– sans dévaloriser ou humilier l’enfant (pas de mots qui touchent à l’être de l’enfant et qui donne des maux)

C Les blessures

Elles sont premièrement, le fruit d’une mauvaise manifestation de l’amour parental (sans oublier les différents facteurs extérieur au parent décrit en introduction) puis deviennent au fur et à mesure des freins à la communication. Toute la relation parent-enfant est vécue au travers de ces blessures (sans oublié les blessures du parent!). Ce qui explique parfois les situations bloquée où parent et enfant n’arrivent plus à communiquer. Là, il sera nécessaire de replacer l’amour au cœur de la relation.

Quelques exemple de  blessures :
Manque d’amour
Peur de la perte de l’objet
Manque de valorisation, blessure narcissique
Question de la place dans la fratrie
Question de l’origine

 

Psychologue Clinicienne chrétienne

6 commentaires

Laisser un commentaire